1975 : Amoureux de Paname

1975 : Amoureux de Paname

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Am
oureux de Paname (1975)



*
Amoureux de Paname*

*Société tu m'auras pas*

*Petite fille des sombres rues*

*La java sans joie*

*
Gueule d'aminche*

*La coupole*

*
Hexagone*

*
Ecoutez-moi les gavroches*

*Rita (chanson d'amour)*

*Camarade bourgeois*

*Le gringalet*

*
La menthe à l'eau*

*
Greta*







ANALYSE


"Amoureux de Paname" ! Premier album officiel de Renaud, cet album est intéressant à plus d'un point. Globalement, on a l'impression d'entendre l'album d'un chanteur de rues, guitare à la main et verbe acide auxvres, qui aurait eu la chance de pouvoir enregistrer son premier album. Cependant, pour peu que l'on écoute bien, à travers la musique et les paroles, c'est un chanteur qui marquera la fin de siècle du paysage musical français qui s'annonce.





Les critiques de l'oeuvre de Renaud sont de Danny Isenguerre







# Posté le mercredi 22 février 2006 09:53

Modifié le mercredi 22 février 2006 14:03

Amoureux de Paname

Amoureux de Paname

Amoureux de Paname

(Renaud S
échan)



Écout
ez-moi, vous les ringards

Éc
ologistes du sam'di soir

Cet
te chanson-là vaut pas un clou

Mais je la c
hante rien que pour vous

Vous
qui voulez du beau gazon

De
s belles pelouses, des p'tits moutons

Des f
euilles de vigne et des p'tites fleurs

Faud
rait remettre vos montres à l'heure



Moi,
j' suis amoureux de Paname

Du
béton et du macadam

Sous le
s pavés, ouais, c'est la plage

Mais l' bitu
me c'est mon paysage

Le bitu
me c'est mon paysage



Écoute
z-moi, vous les ringards

Éco
logistes des boul'vards

Vos b
eaux discours y en a plein l' dos

Y a du so
leil dans les ruisseaux

La t
our Montparnasse elle est belle

Et moi j'ad
ore la Tour Eiffel

Y a plei
n d'amour dans les ruelles

Et
d' poésie dans les gratt'ciel



Moi j' sui
s amoureux de Paname

Du béto
n et du macadam

Sous les pavé
s, ouais, c'est la plage

Mai
s l'bitume c'est mon paysage

Le bitume c'es
t mon paysage



Écoutez-moi,
vous les ringards

Écologiste
s des grands soirs

La pollut
ion n'est pas dans l'air

Elle
est sur vos visages blêmes

Moi j'aime encore les pissotières

J'aime en
core l'odeur des poubelles

J
' me parfume pas à l'oxygène

L' gaz carbonique c'est mon hygiène



Moi j
' suis amoureux de Paname

Du
béton et du macadam

Sous les
pavés, ouais, c'est la plage

Mais l' bitum
e c'est mon paysage

Le bitum
e c'est mon paysage.





AN
ALYSE



1. Amo
ureux de Paname

Chanson ayan
t donné son nom à l'album, elle sonne comme une carte de visite 'light' de Renaud, invitant l'auditeur non encore rebuté par ce premier contact à poursuivre l'écoute de l'album. Je ne sais pas si Renaud envisageait dès le départ une carrière comme celle qu'il a connue par la suite ["Le succès ne se prévoit pas !" (sic la moman de Jordy (héééé oui !))], mais plusieurs chansons de l'album semblent le destiner volontairement à devenir LE chanteur des Parisiens qui aiment les vieilles pierres de leur ville et les promenades au petit matin sur les quais typiques et brumeux de la Seine, le tout évidemment sur un fond d'accordéon. Renaud s'invente un personnage, n'est-ce pas la clef du succès pour un chanteur ?

# Posté le mercredi 22 février 2006 09:59

Modifié le mercredi 22 février 2006 12:55

Société tu m'aura pas

Société tu m'aura pas

Société tu m'auras pas

(Re
naud Séchan)

Y'a eu Antoin
e avant moi,

Y'a eu Dylan
avant lui,

A
près moi qui viendra ?

Aprè
s moi c'est pas fini.

On l
es a récupérés,

Oui mais m
oi on m'aura pas,

Je tirer
ai le premier,

Et j' viser
ai au bon endroit.



Refra
in



J'ai cha
nté 10 fois, 100 fois,

J'a
i hurlé pendant des mois,

J'ai crié sur tous les toits,

Ce que je
pensais de toi,

Société, s
ociété,

Tu m
'auras pas.



J'ai marché s
ur bien des routes,

J'ai c
onnu bien des pat'lins,

Pa
rtout on vit dans le doute,

Partout on
attend la fin.

J'ai vu occu
per ma ville

Par des cons
en uniformes

Qu'étaient pa
s vraiment virils,

Mais qu
i s' prenaient pour des hommes.



J'ai v
u poussé des barricades,

J
'ai vu pleurer mes copains,

J'ai entend
u les grenades

Tonner au pe
tit matin.

J
'ai vu ce que tu faisais,

Du peuple qui vit pour toi,

J'ai connu l
'absurdité

De
ta morale et de tes lois.



Demain, pr
ends garde à ta peau,

A to
n fric, à ton boulot,

Car
la vérité vaincra,

La Commu
ne refleurira.

Mais en att
endant, je chante,

Et je t
e crache à la gueule

Cette
petite chanson méchante

Q
ue t'écoutes dans ton fauteuil.







A
NALYSE



2.
Société tu m'auras pas



O
n passe à la vitesse supérieure. Après la présentation 'géographique et affective' du chanteur, nous avons droit ici à une présentation 'intellectuelle'. Renaud façonne le personnage introduit par la première chanson, l'affirme et le rend plus dur, volontairement anarchiste, les arrêtes plus tranchantes. Cependant, l'orchestration de la chanson et le rythme des paroles empêchent (mal?)heureusement d'y croire totalement. Renaud semble néanmoins vouloir filtrer son public. Ceux qui continuent et passent à la troisième chanson seront des fans. Je pense que ce choix est à l'origine de la carrière prodigieuse du chanteur. Aurait-il pu, vocalement et physiquement, concurrencer les dinosaures de l'époque sur leur terrain de paillettes, lumières et autres rythmes discos ?





# Posté le mercredi 22 février 2006 10:06

Petite fille des sombres rues

Petite fille des sombres rues

Petite fille des sombres rues

(Renaud Sé
chan)





No
n, ne crois pas, fillette,

Me retenir encore

Dans tes
rues sans violettes,

Dans t
on triste décor.

N'essaie p
as de me suivre,

Déserte me
s rivages,

Lo
in de toi, je veux vivre

D
e plus beaux paysages.



Pe
tite fille des sombres rues, éloigne-toi,

Petite fille
aux yeux perdus, tu m'oublieras.



J'ai t
rop longtemps vécu

Dans de
pauvres ruelles,

Trop longt
emps attendu

Un petit arc-en-ciel.

J'ai
besoin de soleil

Et d'hori
zons moins gris,

Je veux vo
ir les merveilles

Que, près
de toi, j'oublie.



Petite
fille des sombres rues, éloigne-toi,

Pet
ite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.



Je ne suis
pas de ceux

Que chasse la
lumière,

Et
qui vivent heureux

Un étern
el hiver

De l
'amour je ne veux

Que les f
illes des rivières,

Lorsque
j'aime les yeux,

J'aime au
ssi la chaumière.



Petite
fille des sombres rues, éloigne-toi,

Pet
ite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.



Nos chemin
s se séparent,

Entends, la
vie m'appelle,

Je quitte te
s trottoirs

E
t tes grises dentelles.

Je
pars pour des royaumes

Où l
'on m'attend peut-être,

le bonheur embaume,

Et don
ne un air de fête.



Petite
fille des sombres rues, éloigne-toi,

Pet
ite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.



Laisse-moi
m'en aller,

Je n'ai plus rien à dire,

M
ais si tu veux pleurer,

N'essaie pas de
sourire.

Reto
urne dans ta nuit,

Au fond
de tes faubourgs,

Retourne
dans l'ennui

Qui habite tes jours.



Pet
ite fille des sombres rues, éloigne-toi,

Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.







ANA
LYSE



3. Pe
tite fille des sombres rues



On s'attend
à l'explosion finale... et tout s'écroule. Ce sont des hectolitres de sirop rose bonbon qui nous sont soudains déversés sur la tête. Nous nageons ici en plein romantisme à 10 francs, en pleine poésie au kilo. La rumeur veut que cette chanson, écrite à la va-vite, remplace sur l'album une chanson beaucoup plus engagée politiquement (on évoque F. Castro). Passons plutôt à la chanson suivante.



# Posté le mercredi 22 février 2006 10:08

La Java sans joie

La Java sans joie

La java sans joie

(Renaud Séchan)




Moi j'aime bien
chanter la racaille,

la mauvaise h
erbe des bas-quartiers,

les mauvais
garçons, la canaille,

ceux qui so
nt nés sur le pavé.

J'ai bien du ma
l à les chanter

t
ell'ment qu'elles sont tristes mes histoires,

mais ce
lle que j'vais vous raconter,

elle
fait même pleurer ma guitare.



E
coutez-la, ma java sans joie,

c'est
la java d'un p'tit gars,

écoutez-l
a, ma java sans joie,

la java d'un
p'tit gars qu'était sans foi ni loi.



Sa mère l'av
ait eu un beau soir,

alors qu'elle
s'y attendait pas,

il est né près d
es grands boul'vards,

sur le pavé
humide et froid.

Il a jamais su l'nom d'son père,

pu
isque sa vieille vingt fois par jour,

pour dix sacs s
'envoyait en l'air,

dans un boxon d
'la rue du Four.



Ecoutez-la, ma
java sans joie,

c'est la java d'un
p'tit gars,

éco
utez-la, ma java sans joie,

la java
d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi.



Après
avoir quitté l'école,

où qu'y s'est
pas trop attardé,

il s'est mis dan
s la cambriole,

avec ses copains de Saint-Mandé.

Il
a voyouté quelque temps

avec Dédé-
le-Surineur,

avec
Julot-d'Ménilmontant,

et toute la
bande du Sacré-Coeur.



Ecoutez-
la, ma java sans joie,

c'est la jav
a d'un p'tit gars,

écoutez-la, ma j
ava sans joie,

la
java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi.



I
l commençait à s'faire un nom,

et d
ans les petits bals musette,

lorsqu
e jouait l'accordéon,

on voyait tou
rner sa casquette.

Il butta son pr
emier larron

alor
s qu'il avait pas vingt ans,

le cri
me c'était sa vocation,

l'arnaque c
'était son tempérament.



Ecoute
z-la, ma java sans joie,

c'est la j
ava d'un p'tit gars,

écoutez-la, ma
java sans joie,

la java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi.



Dans l'quartier o
ù i'f'sait son beurre,

y'a des gens
qui l'appelaient Monsieur,

mais le
s flics ces petits fouineurs

ne le
quittaient jamais des yeux.

Quand i
l a eu un peu trop d'sang

sur ses d
oigts couverts de bijoux,

ils l'ont
ficelé sur du bois blanc

et ils lu
i ont tranché le cou.



Ecoutez-
la, ma java sans joie,

c'est la jav
a d'un p'tit gars,

écoutez-la, ma j
ava sans joie,

la
java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi.





ANALYSE




4. La
java sans joie



R
enaud reprend ici le rôle qu'il avait introduit au début de l'album et s'affirme comme un titi de Paris, un gavroche chantant. A l'écoute de cette chanson, on cherche en vain la casquette où jeter sa pièce. Le parler parisien s'affirme, l'argot pointe timidement son nez, les noms de rues ou de quartiers prennent souvent la relève d'un dictionnaire de rimes défaillant.



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# Posté le mercredi 22 février 2006 10:12